Le passage du noir et blanc à la couleur après la guerre a fait oublier que Hergé était un maître de la lumière et du contraste. Il savait doser les masses de noir et de blanc, sans avoir recours aux ombres comme les Américains de la même époque. Cet équilibre donne de très belles pages (comme dans le Lotus Bleu) que la mise en couleur postérieure gâche quelque peu.
Les strips du Trésor de Rackam Le Rouge parus dans le Soir volé sont infiniment plus efficaces dans leur dénuement que les pages auxquelles on a ajouté des décors et une envahissante couleur dans les albums.
C’est en dessinant Tintin au Tibet que Hergé va renouer avec le blanc du papier, laissant la neige envahir les pages jusqu’à la couverture, magnifique.
En voyant à quel point le trait se suffit à lui-même chez Hergé, même dans les années 60, on ne peut que regretter qu’il n’existe pas d’éditions noir et blanc de ces albums .
Les illustrations ici présentées sont soumises aux droits d'auteurs et montrées dans le cadre de la loi au titre de droit de citation.